Du défaut de remplir son verre

Publié le par Étienne Magnin

Je fais comme tout le monde : je remplis mon verre, je rajoute une précision, je me rapproche de la table... Il y a moins d'un siècle, on aurait dit : j'emplis mon verre, j'ajoute une précision, je m'approche de la table... Car, vous le savez bien, le préfixe "re-" est parfois utilisé pour exprimer la répétition : si je remplis mon verre, c'est que je l'emplis une deuxième fois.

On ne rentre pas dans une pièce, on y entre ; sauf bien entendu, si on en est sorti auparavant.

 

On voit donc bien que si l'écriture se simplifie dans les textos, elle s'alourdit dans l'oral puis dans l'écrit, à nouveau. (D'où l'affreux "au jour d'aujourd'hui" !)

Certes, la redondance est nécessaire dans les contextes de "bruit". Ainsi, "Je sors dehors" n'est pas véritablement un pléonasme. On sent intuitivement qu'il faut marquer la rupture avec le "dedans" où l'on est. Et puis, bon, il y a tellement de façon de sortir : je sors ce soir ; je sors le chien ; je sors et reviens bien vite ; je saurais bien y faire...

 

Mais, à l'écrit, faites un effort : chassez le superflu, l'inutile. Soyez simple, soyez direct.

Soyez-le, de façon que vous sentiez de nouveau une fraicheur, une fragrance revigorante dans votre expression.

 

Et ne faites pas comme moi : faites court.

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